¡Hola !
Nous voici à La Paz, capitale de la Bolivie.
Nous avons quitté le Pérou en longeant le Lac Titicaca, l’odeur de la munia (herbe aromatique utilisée dans le maté) ayant remplacé celle des eucalyptus. La route était belle, offrant à chaque virage un point de vue différent sur le lac, et ponctuée de sites archéologiques nous plongeant le temps d’un instant au cœur de la civilisation inca ou d’une civilisation antérieure.
Les abords du lac sont un vrai paradis pour les amateurs d’ornithologie comme notre Benjamin. Nous avons pu voir des ibis, des flamands roses, des hérons, … mais le lac, malheureusement et malgré les apparences, est fortement pollué par les eaux domestiques et industrielles rejetées par les municipalités frontalières ainsi que par le mercure qui provient des activités des mines en amont, ce qui est dommageable pour la santé des populations et pour les espèces endémiques à cette zone lacustre. Ces dernières années, les gouvernements péruvien et bolivien se sont engagés à mettre sur pied des projets d’assainissement mais ceux-ci tardent à se mettre en place.
Nous avons à nouveau pu profiter de l’hospitalité et de la générosité des péruviens comme entre autres chez Alberto qui nous a hébergés dans son lodge en construction en veillant à ce que nous nous y sentions bien, ou ces vendeuses du marché de Juli qui nous ont donné des aliments pour plus que ce que nous leur avions acheté.
Quatre jours après avoir quitté Puno, nous sommes arrivés à la frontière bolivienne que nous n’étions pas seuls à vouloir traverser en ce week-end de fête nationale du Pérou. Nous avons remonté une file impressionnante de voitures sur plusieurs centaines de mètres avant de pouvoir accéder aux services douaniers. Les gens se rendent à Copacabana (qui se trouve à quelques kilomètres de la frontière, côté bolivien) pour les célébrations de la Virgen del Carmen. Ils y font bénir leur véhicule (qu’ils ont au préalable couvert de guirlandes et autres décorations), d’abord par le prêtre de la cathédrale (sur fond de pétards), puis auprès de quelque obscur chaman à coups d’incantations et de giclées de bière. Une parfaite illustration d’un syncrétisme religieux très pratiqué en ces régions, où coexistent christianisme et religions traditionnelles.
Pour notre part, c’est déguisés que nous sommes arrivés à Copacabana, les enfants ayant ramassé tout au long du chemin les décorations tombées des voitures. Nous nous y sommes reposés quelques jours avant de rejoindre (en minibus) La Paz, capitale de la Bolivie, via la nouvelle autoroute. L’occasion de constater l’urbanisation anarchique de ce côté du lac.
A La Paz, nous avons retrouvé avec énormément de plaisir Brigitte et André qui nous accueillent dans la maison ou Brigitte a vécu avec ses enfants pendant de nombreuses années, et qu’elle avait quitté en 2010 pour venir se réinstaller en Belgique, après 30 ans passés sur place. Ce fut pour nous l’occasion de découvrir de manière privilégiée cette ville spectaculaire, de faire des lessives 🙂 et de passer du bon temps avec eux. Les enfants sont ravis, ils se sentent comme à la maison et ont installé leurs quartiers dans le jardin.
La ville de La Paz ne fait que croître et, pour remédier aux problèmes de mobilité, des lignes téléphériques ont été construites permettant de relier rapidement différents quartiers de la ville ainsi qu’El Alto qui se trouve sur les hauteurs de La Paz. Ces lignes sont pour l’instant au nombre de 4 (verte, jaune, rouge et bleue), 5 autres étant en projet. Cet ouvrage pharaonique est une des réalisations d’Evo Morales qui souhaite améliorer les infrastructures du pays, et qui – notamment – ont valu à la ville d’être nommée en 2014 parmi les sept Villes-Merveilles.
La présidence d’Evo Morales, premier indigène à la tête du pays, marque un tournant dans l’histoire bolivienne : mise en place de véritables programmes sociaux, diminution de la pauvreté, réforme agraire, reprise en main de certains secteurs économiques dans le but d’asseoir la richesse du pays sur ses ressources géologiques, revalorisation de l’identité indigène,….mais sa popularité est en baisse suite à des projets controversés au niveau environnemental (projet de route et de barrage dans la forêt, …), à son goût du pouvoir et à un discours conspirationniste visant à museler certaines ONG’s.
Nous avons profité de ce séjour à La Paz pour partir explorer 3 jours la forêt amazonienne dans la région du Béni, au départ de Rurrenabaque. Quarante minutes dans un avion 19 places et nous voilà descendus de 3600m. Trois heures de pirogue et nous arrivons en pleine forêt dense, chaude et humide. Quel dépaysement ! Nous sommes allés pêcher le piranha (mais nous n’avons attrapé que trois sardines…) et observer la faune et la flore de la Selva. Nos ballades dans la jungle nous ont ainsi permis de voir (au prix d’un certaine dose de patience) des cabiais, des agoutis, des tamarins, des aras, un toucan, un caïman et même le serere (un oiseau préhistorique bien local).
Demain (mercredi), nous repartons pour 3 semaines de vélo en direction d’Uyuni, via Toledo, Orinoca et Salinas de Garci Mendoza.
D’ici là, portez-vous bien !
Les 6 VW