Hola todos,
De Temuco, nous sommes partis à la découverte de l’Araucanie, région du Chili qui tire son nom des araucarias qui y poussent en nombre. Nous avons roulé jusqu’à Curacautin, aux portes du parc national Conguillio que nous comptions traverser. La route était belle, assez vallonée, avec en point de mire le volcan Llaima. Les enfants ont beaucoup apprécié les soirées au coin du feu dans cette région boisée.
De la route partaient des sentiers menant à des lieux plus isolés où vivent des communautés mapuches. Les mapuches, selon leur tradition orale, seraient les seuls à avoir résisté à l’invasion de l’empire inca et même les conquistadors espagnols ne parvinrent pas à les soumettre). Incessantes victimes des gouvernements dictatoriaux au Chili et en Argentine, l’existence de leurs peuples est officiellement reconnue en Argentine depuis 1994 et au Chili depuis 2009. Toutefois, le développement du tourisme mais surtout l’exploitation forestière ainsi que la construction de routes et de centrales hydroélectriques représentent des menaces importantes pour les ressources des peuples mapuches qui vivent encore essentiellement des bienfaits de la forêt. Leurs revendications sont principalement liées à la récupération des territoires ancestraux et les mouvements de résistance sont régulièrement réprimés au nom des lois anti-terroristes. Une action en particulier a connu un plus large écho en 2003, opposant un couple mapuche à Benetton qui possède 9% des terres cultivables de Patagonie, essentiellement pour l’élevage de moutons.
Arrivés à Curacautin, nous avons appris que le parc Conguillio était fermé pour cause de neige et/ou la route bloquée par des manifestants mapuches exigeant un dédommagement parce qu’il est question d’asphalter la route traversant le parc, sur leur territoire. Quoi qu’il en soit, impossible de passer. De plus, la pluie s’annonçait pour une semaine…
Nous avons donc, en bus, fait demi-tour et rejoint Villarica où nous sommes restés une semaine, attendant le retour d’un temps sec. Nous en avons profité pour travailler pour l’école et fêter Halloween. La pluie ne cessant pas (aahh … le Chili !) et les prévisions demeurant médiocres pour plusieurs jours encore, nous avons – un peu frustrés – décidé de quitter cette région en bus direction l’Argentine, quelque 150 kilomètres plus à l’Est.
En Argentine, nous avons retrouvé – en plus d’une météo plus à notre avantage – les innombrables sanctuaires en l’honneur de Gauchito Gil, qui jalonnent les routes de tout le pays. Il s’agit d’un personnage légendifié qui fait l’objet d’un véritable culte. Selon certaines versions, il aurait été une sorte de robin des bois et on lui attribue de nombreux miracles post mortem. Il n’est pas le seul. La ferveur populaire vénère également, par exemple, la Difunta Correa. On raconte que cette femme mourut de soif, son enfant serré contre sa poitrine et que l’enfant survécut, en tétant le lait de sa défunte mère. En son hommage, on trouve près de chaque oratoire des monticules de bouteilles d’eau (ce qui nous assurait de ne jamais souffrir de la soif, quoique nous n’ayons jamais eu à y avoir recours :-)).
C’est à Junin de los Andes que nous avons pu reprendre la route sous les inénarrables cris des bandurrias (ibis locaux, à tête jaune) et entamer la magnifique route des 7 lacs. La joie de réenfourcher le vélo était bien présente. Après un col (rondement mené), la route ondoie entre lacs vert émeraude, cascades et rivières cristallines. Nous sommes allés d’émerveillement en émerveillement (pas étonnant que l’on y croise de très nombreux cyclovoyageurs).
La route se termine à Villa la Angostura, au bord du lac Nahuel Huapi et ses eaux turquoises. La fin de notre voyage à vélo était proche, et – déjà un peu nostalgiques – nous avons pris notre temps pour rejoindre Bariloche en profitant des campings (encore vides à cette saison) bordant le lac.
A Bariloche, nous avons fait la connaissance d’Alejandra et Miguel qui nous ont accueilli avec beaucoup de gentillesse et ont accepté de garder nos vélos durant les excursions que nous projetons de faire dans les 15 jours à venir, au Chili et au Sud de l’Argentine.
C’en est donc terminé de la partie « vélo » du voyage, après un peu plus de quatre mois de route. Et ce fut une expérience en tous points réussie. Nous sommes très fiers des enfants dont les corps et les esprits se sont visiblement renforcés au fil des kilomètres parcourus. Ils nous ont surpris par leur enthousiasme permanent et leur capacité d’adaptation.
Nous nous apprêtons désormais à poursuivre sous un autre mode la découverte de la Patagonie, chilienne et argentine, notamment en compagnie de Marie-France qui nous rejoint dans quelques jours. Inutile de préciser que les enfants l’attendent avec grande impatience.
¡ Un abrazo fuerte a todos !
Les 6 Vw’s