Annyeonghaseyo ! (prononcez « Anyo Aséo », qui signifie « bonjour »)
Nous voici donc en Corée du Sud, à 250 kilomètres de Busan où nous avons débarqué depuis le Japon.
Busan est une mégapole de plus de 3 millions d’habitants, que nous avons dû traverser à vélo à peine passée la douane, afin de rejoindre notre logement. Et ces premiers kilomètres au « pays du matin calme » ont été l’occasion de saisir d’emblée ce que la suite allait globalement venir confirmer : nous avions totalement changé d’atmosphère.
Dès les premiers coups de pédales au sortir du terminal des ferries, les encouragements fusent, ce qui n’est pas déplaisant. Les (grosses) voitures – de marques locales bien sûr – fusent aussi d’ailleurs. Nous n’apercevons aucune maison mais uniquement des tours, parfois immenses. C’est du côté de la grande plage d’Haeundae, au Nord de la ville, que nous prenons nos marques, et préparons la suite.







Les trois premiers jours de route se font sur des pistes cyclables en état moyen, le long de grands axes très fréquentés, dans des paysages urbains ou industriels. Nous jouons de malchance avec les campings dans lesquels nous comptions nous arrêter (qui sont fermés, parfois uniquement le jour de notre arrivée prévue), et dormons dans des parcs. La cartographie OpenStreetMap, sur laquelle se base notre planificateur d’itinéraire (Komoot), est très incomplète (comme celle de Google Map d’ailleurs) et nous peinons à trouver des alternatives aux routes principales sur lesquelles nous sommes conduits. Le « paradis des cyclistes » que d’aucun évoque à propos de la Corée du Sud se refuse alors encore à nous…






La suite sera plus heureuse. Sous des températures dignes d’un mois de juillet dans nos contrées, nous profitons de la grande sympathie des habitants que nous croisons sur la route où dans les campings (très prisés des Sud-Coréens). Les marques d’attention et de gentillesse sont nombreuses, tandis que nous arpentons des routes plus agréables, dénichées sur des applications de cartographie locales (Google n’ayant pas reçu l’autorisation d’utiliser les cartes officielles du pays pour son application Map, pour des raisons sécuritaires en lien avec le conflit avec la Corée du Nord, pays avec lequel la Corée du Sud est toujours officiellement en guerre). Pratiquement chaque village à son église (le quart de la population est de confession chrétienne), ses cafés (soignés, et qui ne servent que du café), sa plaine de jeu et son aire publique de remise en forme, très utilisée par les habitants, dont le soin du corps est un vrai point d’attention.












Nous passons par Gyeongju et ses tumuli (tombes royales datant du 9ème siècle, ensevelies sous la terre et présentant aujourd’hui l’aspect de petites collines).







Dans les champs bordant les routes, le travail agricole est effectué par des femmes et des hommes d’un âge parfois très avancé. Dans les villes également, il est frappant de croiser des travailleur.euses ayant largement dépassé ce qui constitue chez nous l’âge de la retraite. Ils ou elles ramassent les déchets, travaillent dans la restauration ou aiguillent les automobilistes lors de sorties de camions de chantier. Les familles que nous croisons dans les campings sont pour leur part issues d’une classe moyenne visiblement plutôt aisée. C’est le paradoxe de cette économie sud-coréenne, qui a fait passer ce qui était l’un des pays les plus pauvres du monde en 1960 à la 11ème économie mondiale aujourd’hui, mais dont les défaillances du (jeune) système de pension fait vivre la moitié des personnes de plus de 65 ans sous le seuil de pauvreté. Et le vieillissement de la population, l’un des plus rapides du monde, rend les solutions d’autant plus complexes à mettre en place.
D’ici deux jours, nous aurons rejoint la grande piste cyclable qui traverse le pays du Sud au Nord, direction Séoul, point final de notre route.
Annyeonghaseyo ! (« Au revoir », qui se dit comme « bonjour » ;-))