Uyuni

 

Hello,

Nous voici à Uyuni, au terme de deux (belles et éprouvantes) semaines de route sur l’altiplano bolivien.

A La Paz d’où nous vous écrivions pour la dernière fois, nous avons laissé Brigitte et André (l’oncle de Pascal), Pablo, Miguel, Vicky et la maison où nous avons passé une semaine formidable, pour laquelle nous tenons encore à les remercier très chaleureusement.

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Nous avons rejoint Oruro (en bus) où nous avons repris la route à vélo, par l’ouest du Lac Poopo (ce nom-là aussi les enfants l’ont vite retenu …).

Après deux journées très éprouvantes vent de face, les éléments se sont heureusement calmés pour nous offrir une route (asphaltée) déserte et des paysages de plus en plus beaux à mesure que nous descendions vers le Sud.  Les lamas paissant sur le bord des routes assuraient l’animation des enfants, de même que les majestueuses vigognes que nous avons eu la chance d’apercevoir à différentes reprises.

De passage par Orinoca, nous n’avons pas manqué la visite du Musée du Président (oh, pardon, il faut dire Musée de la révolution démocratique et culturelle, de son nom officiel).  Ce qui frappe d’emblée, c’est que ce musée ultramoderne – et dont les autorités nationales entendent faire un hub touristique – est situé dans un village tout à fait quelconque et dénué de toute infrastructure (pas d’hôtel, même basique – à notre grand dam tant nous aurions alors apprécié le confort d’une douche voire d’un wc après plusieurs jours de conditions difficiles – ni même de route autre qu’un chemin caillouteux pour accéder au site).  Ce village est cependant situé à quelques kilomètres de la maison où naquit Evo Morales, actuel président de la Bolivie, ce qui permet de comprendre le choix de l’emplacement.  Quoique indiscutablement centré sur la personne du Président Morales (premier président indigène du pays), des circonstances de son sacre (en 2005), et de l’histoire du peuple aymara dont il est issu, ce musée (dont nous étions les seuls visiteurs, et les premiers depuis quelques temps, pour le plaisir des guides, agents de sécurité, personnel d’accueil…) n’en permet pas moins d’apprendre sur l’histoire ancienne et récente de la Bolivie.

Puis ce fut l’arrivée formidable au Salar d’Uyuni, immense lac salé devenant désert blanc de mars à octobre, et sur lequel nous avons roulé durant deux jours avant de rejoindre la ville d’Uyuni.  Expérience ô combien attendue qui restera assurément comme un moment clé du voyage.

A Uyuni, nous re-goûtons aux joies d’un peu de confort.  Les conditions de route (de climat, de logement, d’hygiène et de nourriture) ont en effet été parfois difficiles.  Nous avons cependant toujours eu accès au minimum en termes alimentaires, et l’hospitalité des boliviens fut sans faille (nous permettant d’occuper une classe d’école, une salle des fêtes, une pièce vide voire une chapelle) même dans les villages les plus reculés.

Depuis notre arrivée en Bolivie, nous avons pu constater le sens de la fête qui anime la population.  Du petit village jusqu’aux villes les plus importantes, chaque entité compte ses jours de festivités, souvent calqués sur le calendrier religieux mais dont les célébrations prennent un tour volontiers carnavalesque, et toujours dansant.

Nous laissons à présent les vélos pour 15 jours, durant lesquels nous rejoignent les parents de Laurence.  Au programme : visite des villes de Sucre et Potosi, et re-découverte du Salar d’Uyuni (en jeep, cette fois).  Un peu d’école aussi !

Pour les cartographes : Oruro – Toledo – Orinoca – Salinas de Garci Mendoza – Isla Incahuasi – Uyuni

Zoom sur le matériel : pour faire face au froid des nuits passées sur l’Altiplano, nous sommes équipés de sacs de couchage en duvet pouvant résister (en théorie) à des température de -15 degrés, et de matelas (car c’est aussi par un matelas suffisamment isolant que l’on échappe au froid) de marque SeeToSummit (modèle Ultralight Insulate).  Ce matériel répond parfaitement à l’attente (quoique les sacs de couchage des parents, qui datent de 2004, ont perdu un peu de leurs plumes, ce qui se ressent lors des nuits très fraiches).  Pour le corps, c’est t-shirt en laine de mérinos (qui tient chaud, évacue – en théorie 😉 – la transpiration et ne gratte pas), polaire, doudoune et collant.

Merci pour vos nombreux messages (qui ne s’affichent pas sur le site, mais que nous recevons !).  Ils nous font fort plaisir.

A très bientôt,

Les VW

La Paz

 

¡Hola !

Nous voici à La Paz, capitale de la Bolivie.

Nous avons quitté le Pérou en longeant le Lac Titicaca, l’odeur de la munia (herbe aromatique utilisée dans le maté) ayant remplacé celle des eucalyptus.  La route était belle, offrant à chaque virage un point de vue différent sur le lac, et ponctuée de sites archéologiques nous plongeant le temps d’un instant au cœur de la civilisation inca ou d’une civilisation antérieure.

Les abords du lac sont un vrai paradis pour les amateurs d’ornithologie comme notre Benjamin. Nous avons pu voir des ibis, des flamands roses, des hérons, … mais le lac, malheureusement et malgré les apparences, est fortement pollué par les eaux domestiques et industrielles rejetées par les municipalités frontalières ainsi que par le mercure qui provient des activités des mines en amont, ce qui est dommageable pour la santé des populations et pour les espèces endémiques à cette zone lacustre. Ces dernières années, les gouvernements péruvien et bolivien se sont engagés à mettre sur pied des projets d’assainissement mais ceux-ci tardent à se mettre en place.

Nous avons à nouveau pu profiter de l’hospitalité et de la générosité des péruviens comme entre autres chez Alberto qui nous a hébergés dans son lodge en construction en veillant à ce que nous nous y sentions bien, ou ces vendeuses du marché de Juli qui nous ont donné des aliments pour plus que ce que nous leur avions acheté.

Quatre jours après avoir quitté Puno, nous sommes arrivés à la frontière bolivienne que nous n’étions pas seuls à vouloir traverser en ce week-end de fête nationale du Pérou. Nous avons remonté une file impressionnante de voitures sur plusieurs centaines de mètres avant de pouvoir accéder aux services douaniers.  Les gens se rendent à Copacabana (qui se trouve à quelques kilomètres de la frontière, côté bolivien) pour les célébrations de la Virgen del Carmen.  Ils y font bénir leur véhicule (qu’ils ont au préalable couvert de guirlandes et autres décorations), d’abord par le prêtre de la cathédrale (sur fond de pétards), puis auprès de quelque obscur chaman à coups d’incantations et de giclées de bière.  Une parfaite illustration d’un syncrétisme religieux très pratiqué en ces régions, où coexistent christianisme et religions traditionnelles.

Pour notre part, c’est déguisés que nous sommes arrivés à Copacabana, les enfants ayant ramassé tout au long du chemin les décorations tombées des voitures.  Nous nous y sommes reposés quelques jours avant de rejoindre (en minibus) La Paz, capitale de la Bolivie, via la nouvelle autoroute.  L’occasion de constater l’urbanisation anarchique de ce côté du lac.

A La Paz, nous avons retrouvé avec énormément de plaisir Brigitte et André qui nous accueillent dans la maison ou Brigitte a vécu avec ses enfants pendant de nombreuses années, et qu’elle avait quitté en 2010 pour venir se réinstaller en Belgique, après 30 ans passés sur place.  Ce fut pour nous l’occasion de découvrir de manière privilégiée cette ville spectaculaire, de faire des lessives 🙂 et de passer du bon temps avec eux.  Les enfants sont ravis, ils se sentent comme à la maison et ont installé leurs quartiers dans le jardin.

La ville de La Paz ne fait que croître et, pour remédier aux problèmes de mobilité, des lignes téléphériques ont été construites permettant de relier rapidement différents quartiers de la ville ainsi qu’El Alto qui se trouve sur les hauteurs de La Paz.  Ces lignes sont pour l’instant au nombre de 4 (verte, jaune, rouge et bleue), 5 autres étant en projet.  Cet ouvrage pharaonique est une des réalisations d’Evo Morales qui souhaite améliorer les infrastructures du pays, et qui – notamment – ont valu à la ville d’être nommée en 2014 parmi les sept Villes-Merveilles.

La présidence d’Evo Morales, premier indigène à la tête du pays, marque un tournant dans l’histoire bolivienne : mise en place de véritables programmes sociaux, diminution de la pauvreté, réforme agraire, reprise en main de certains secteurs économiques dans le but d’asseoir la richesse du pays sur ses ressources géologiques, revalorisation de l’identité indigène,….mais sa popularité est en baisse suite à des projets controversés au niveau environnemental (projet de route et de barrage dans la forêt, …), à son goût du pouvoir et à un discours conspirationniste visant à museler certaines ONG’s.

Nous avons profité de ce séjour à La Paz pour partir explorer 3 jours la forêt amazonienne dans la région du Béni, au départ de Rurrenabaque.  Quarante minutes dans un avion 19 places et nous voilà descendus de 3600m.  Trois heures de pirogue et nous arrivons en pleine forêt dense, chaude et humide.  Quel dépaysement !  Nous sommes allés pêcher le piranha (mais nous n’avons attrapé que trois sardines…) et observer la faune et la flore de la Selva.  Nos ballades dans la jungle nous ont ainsi permis de voir (au prix d’un certaine dose de patience) des cabiais, des agoutis, des tamarins, des aras, un toucan, un caïman et même le serere (un oiseau préhistorique bien local).

Demain (mercredi), nous repartons pour 3 semaines de vélo en direction d’Uyuni, via Toledo, Orinoca et Salinas de Garci Mendoza.

D’ici là, portez-vous bien !

Les 6 VW

 

 

PUNO

Chers tous,

Nous voici au terme de notre premier tronçon, reliant Cuzco à la Ville de Puno, après onze étapes riches en émotions.

Nous avons quitté Cuzco le 12 juillet, jour de grève régionale synonyme de « paro » (blocage des principaux axes routiers).  C’est donc sur des routes désertes que nous avons quitté la ville (une aubaine !) et filé vers le Sud.  Alors que nous craignions un peu de nervosité lors des passages des différents barrages, c’est tout le contraire qui s’est produit.  Les réactions étaient enthousiastes et amusées.  Nous nous sommes même faits applaudir par la foule ! (il faut dire que nous n’avions pas manqué de crier « Viva el paro ! »).

Les premières journées ont été quelque peu difficiles en raison du relief (l’altitude à laquelle nous n’étions probablement pas encore tout à fait habitués n’aidant probablement pas à gravir les côtes plutôt pentues des alentours de Cuzco).  Les nuits, passées le plus souvent sous tente, n’étaient pas non plus toujours reposantes (au froid et au bruit des chiens aussi il faut un peu de temps d’acclimatation).  Nous avons aussi connu quelques problèmes techniques avec un vélo (problèmes pas tout à fait résolus compte tenu de la difficulté de se procurer des pièces de rechange, mais pour l’instant ça tient).

Passé le col de la Raya (en minibus), tout a été en s’améliorant.  Nous avons peu à peu trouvé notre rythme (entre 35 et 40 km par jour).  Nous avons aussi appris à composer avec les contraintes d’un climat très particulier (s’il fait chaud tant que le soleil tape, le froid nous retient dans les tentes entre 18h30 et 8H du matin, ce qui limite fortement le temps sur les routes et oblige à ne pas trop traîner en chemin sous peine de ne pas avancer).  Les jambes ont par ailleurs commencé à mieux tourner chez chacun.

L’accueil des habitants des villages que nous traversons est très chaleureux.  Chaque soir, nous avons pu trouver sans problème un endroit où planter la tente, voire un local où poser nos matelas. Il faut dire que la présence des enfants suscite énormément de sympathie, et dissipe toute méfiance.  Le charme opère très vite.  Combien de fois ne nous a-t-on pas demandé de laisser Cécilia ?

Jeudi, nous avons rejoint le Lac Titicaca par des chemins de terre permettant d’abord une découverte inédite de la campagne péruvienne, puis offrant des points de vue spectaculaires sur le Lac.  Nous avons ensuite gagné par bateau Puno, la grande ville côtière, au terme d’une traversée inoubliable au crépuscule.

A Puno, d’où nous vous écrivons, nous rechargeons les batteries avant d’entamer un nouveau tronçon jusqu’à La Paz, en Bolivie.

Pour les cartographes : Cuzco – Sicunani – Ayaviri – Pukara – Calapuja – Llacon – Puno.

Point de vue matériel : le vélo de Pascal est équipé de 4 fontes et d’un « boudin » de 60l, et tracte Cécilia sur un vieux vélo Décathlon ; le vélo de Laurence est équipé de 4 fontes et tracte une remorque Bob ; les vélos d’Alix et de Benjamin (des Trek MT220 de 2008, achetés d’occasion) sont équipés de 2 fontes arrières.  Le vélo de Prielle (un Kokua LiketoBike) est très léger, ce qui lui est nécessaire pour pouvoir suivre le rythme (ce qu’elle fait de façon tout à fait étonnante). Tout le matériel a été transporté depuis la Belgique.

Pour les cascadeurs : 3 chutes (une pour Prielle, deux pour Alix la casse-cou, dont une en descente à 35 à l’heure…)

On vous embrasse bien fort !

Les VW

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Juillet 2017 – Cuzco

Nous voici à Cuzco (nombril du monde en quechua), où nous avons atterri ce jeudi 6 juillet au terme d’un voyage certes long (26h), mais plutôt confortable.

Nous sommes accueillis como en casa par Francine et Sébastien.  Sébastien (Hermine) était à l’unité St-Boni avec nous. Il vit au Pérou depuis 11 ans et travaille sur de nombreux projets environnementaux. Il a également créé une brasserie avec deux autres belges vivant à Cuzco.  Leurs bières, la Kapun (blonde, brune, triple ou à la capuli – une cerise locale) se vend en de nombreux endroits à Cuzco.

Nous nous adaptons à l’altitude (3300m) et récupérons progressivement du décalage horaire en profitant de la ville et ses alentours.

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Nous avons passé le week-end à Urubamba, dans la vallée sacrée, avec famille et amis de nos hôtes dans une belle maison avec une piscine dans laquelle les enfants n’ont pas hésité à plonger malgré la température de l’eau.  Nous avons également été visiter les salinas de Maras en passant par des paysages magnifiques.

En journée, le soleil tape et la température est très agréable (proche de 20°).  La nuit, qui tombe tôt (18h), il fait assez froid.

Treize ans après notre premier passage à Cuzco, nous constatons l’élévation du niveau de vie (centre commercial ultramoderne, lotissements protégés, …)  même si les transports publics sont à moderniser et la mobilité à réinventer.  La croissance économique du pays se ressent donc ici aussi.   Elle est cependant fondée en grande partie sur l’économie informelle , ce qui la rend fragile.  Le Pérou est également devenu l’un des deux producteurs mondiaux de cocaïne et Cuzco en est une plaque tournante de par sa proximité avec la forêt amazonienne.

Pour l’heure, nous attendons que le vélo d’Alix soit réparé (il a souffert du trajet – la pièce de fixation du dérailleur arrière s’est brisée) et espérons partir mercredi, jour de grève générale.

Nous sommes impatients de prendre la route et de trouver notre rythme de nomades.

A bientôt !

Les VW

 

 

 

Bienvenue !

Bienvenue sur notre page web.  

Nous partons le 5 juillet 2017 pour 6 mois en famille à vélo sur les routes du Pérou, de la Bolivie, de l’Argentine et du Chili.

A bientôt,

Laurence, Pascal, Benjamin, Alix, Prielle et Cécilia.

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